Politique et Géopolitique

Comment l’OTAN a préparé le terrain pour les marchés d’esclaves Libyen, la domination et le pillage Africain

La guerre menée par les États-Unis en 2011 a détruit l’État libyen. Et l’OTAN savait à l’époque que les « rebelles » qu’elle soutenait massacraient des Hommes noirs. Maintenant, ils vendent des humains dans des marchés aux esclaves à ciel ouvert.

Une vidéo virale d’une vente aux enchères d’esclaves en Libye, diffusée sur CNN en 2017, avait suscité un déluge d’intérêt pour le pays et des protestations indignées dans tout l’Occident.

Alors que la guerre pour le changement de régime menée par l’OTAN a joué un rôle crucial dans la création des conditions sociales de l’esclavage, les médias américains avaient réussi à occulter ce fait gênant dans leur couverture de la crise libyenne.

Non seulement l’OTAN a déstabilisé la Libye en menant une opération militaire brutale qui s’est soldée par l’assassinat macabre du président libyen Mouammar Kadhafi, mais elle a sciemment utilisé des insurgés anti-noirs comme mandataires dans la poursuite d’objectifs impériaux cyniques.

Lorsque l’OTAN a envahi la Libye, elle l’a fait sous un faux prétexte humanitaire, affirmant que ses avions d’attaque étaient la seule chose qui empêchait l’armée de Kadhafi de perpétrer un génocide. Comme l’a conclu un rapport parlementaire britannique, c’était faux.

Un accord négocié entre le gouvernement de Kadhafi et les Libyens anti-gouvernementaux aurait pu être conclu sans la destruction à grande échelle du pays et l’effondrement social qui en a résulté, dont le symptôme le plus morbide a été la naissance de marchés aux esclaves.

Rejetant toute option de solution diplomatique, l’OTAN a écarté toute possibilité de négociation et a opté pour la guerre.

Les puissances occidentales ne peuvent prétendre avoir été ignorantes de ce qu’elles déclenchaient. Des rapports faisaient état de violences racistes perpétrées par des acteurs antigouvernementaux en Libye avant que l’OTAN ne commence à bombarder le pays.

Des membres de l’opposition ont justifié les attaques contre les noirs en Libye, dont beaucoup étaient des travailleurs migrants d’Afrique subsaharienne, en les accusant sans fondement d’être des mercenaires du gouvernement libyen. Deux jours après le début du soulèvement contre le gouvernement, Al Jazeera a cité un activiste affirmant que les manifestants avaient exécuté 50 « mercenaires africains ».

Dans un reportage de NPR du 25 février 2011, un travailleur turc des champs pétrolifères qui a fui la Libye a déclaré : « Nous avions 70 ou 80 personnes du Tchad qui travaillaient pour notre société. Ils les ont tués avec des sécateurs et des haches, les attaquant en disant que vous fournissez des troupes à Kadhafi. Les Soudanais, les Tchadiens ont été massacrés. Nous l’avons vu nous-mêmes ».

Dans un article du Christian Science Monitor du 6 mars 2017, on peut lire : « Au cours des dernières semaines de soulèvement en Libye, des centaines de travailleurs migrants africains ont été détenus, battus ou harcelés ». Le rapport décrivait des milliers de migrants d’Afrique subsaharienne « trop effrayés pour tenter de sortir du pays de peur d’être battus ou tués par des foules de rebelles débordant d’animosité pour toute personne à la peau foncée et aux traits africains ».

Le Ghana, note l’article, a rapatrié plus de 500 de ses citoyens qui travaillaient en Libye et qui sont revenus avec des récits de pillages, de menaces et de passages à tabac. Lorsque l’OTAN est entrée en guerre, elle l’a fait en sachant parfaitement qu’elle soutenait les forces qui auraient commis des atrocités contre les noirs.

L’armée de l’air canadienne a effectué 10 % des missions de l’OTAN contre la Libye. Comme l’a rapporté le Ottawa Citizen, quelques jours seulement avant l’invasion de l’OTAN, des spécialistes canadiens du renseignement ont envoyé un rapport d’information partagé avec des officiers supérieurs avertissant « qu’il est de plus en plus probable que la situation en Libye se transforme en une guerre tribale/civile de longue durée » et que « cela est particulièrement probable si les forces d’opposition ont reçu l’aide militaire de pays étrangers. »

Les frappes aériennes de l’OTAN ont commencé le 19 mars 2011. Quatre jours plus tard, le 23 mars, le Los Angeles Times a révélé l’existence d’une prison gérée par l’opposition libyenne qui détenait « une cinquantaine d’hommes libyens et africains » dans ce qui ressemblait à « une scène sortie des films sur les redoutables colonies pénitentiaires de Guyane française ». Sur la photo accompagnant l’article, tous les détenus représentés étaient noirs.

L’article décrit Alfusainey Kambi, un prisonnier africain, déclarant : « Je suis un travailleur, pas un combattant. Ils m’ont enlevé de ma maison et ont violé ma femme ». Un responsable de l’opposition a présenté deux passeports gambiens. L’un était vieux et en lambeaux et l’autre neuf. Et pour une raison quelconque, le fonctionnaire a dit que les documents étaient la preuve que Kambi était un agent de Kadhafi.

Le lendemain, un autre article décrit les prisonniers « sortis de cellules humides qui puaient l’urine et la pourriture ». L’article mentionne la présence de « 25 détenus originaires du Tchad, du Niger, du Soudan, du Mali et du Ghana, décrits par les responsables de l’opposition comme des mercenaires, bien que plusieurs d’entre eux aient insisté sur le fait qu’ils étaient des ouvriers. Les responsables de l’opposition ont refusé de dire ce qu’il adviendrait d’eux ».

Le rapport ajoute : « Depuis un mois, des gangs de jeunes hommes armés parcourent Benghazi, arrachant de chez eux des Noirs libyens et des immigrants d’Afrique subsaharienne et les détenant pour les interroger en tant que mercenaires ou espions présumés du gouvernement ».

Moins de deux semaines après le début de la guerre, alors qu’une fin négociée était encore possible, le Globe and Mail a ajouté à la pile croissante de preuves d’un massacre contre les Noir par les militants soutenus par l’Occident : « Les rebelles ont souvent traité les prisonniers à la peau sombre plus durement que les hommes d’origine arabe », rapporte le journal.

Dix jours après le début des bombardements occidentaux, le commandant américain de l’OTAN, l’amiral James Stavridis, avait expliqué que l’intervention occidentale favoriserait la montée d’Al-Qaïda en Libye. Lors d’un témoignage au Sénat, l’amiral a déclaré que les dirigeants de l’opposition libyenne semblaient « responsables ».

Un rapport parlementaire britannique a constaté que « les connexions libyennes avec des groupes extrémistes militants transnationaux étaient connues avant 2011, car de nombreux Libyens avaient participé à l’insurrection en Irak et en Afghanistan avec Al-Qaïda ». Le Citizen a noté que, plus tard, des membres de l’armée canadienne plaisantaient en privé sur le fait que les avions de combat CF-18 du Canada faisaient partie de « l’armée de l’air d’Al-Qaïda », puisque leurs bombardements ont contribué à ouvrir la voie aux groupes rebelles.

Le sentiment anti-noir de ces groupes extrémistes était bien connu. Moins d’un an avant que le président Obama n’active ces forces en Libye, il avait critiqué leur racisme envers les Africains.

Le 3 avril 2011, le gouvernement du Tchad « a appelé les forces de la coalition à protéger ses citoyens dans les zones tenues par les rebelles en Libye, affirmant que des dizaines d’entre eux avaient été accusés et exécutés pour avoir prétendument été des mercenaires ». Il était de notoriété publique que l’opposition libyenne contenait des éléments anti-noirs et l’OTAN a poursuivi une guerre qui leur donnait du pouvoir.

De multiples opportunités pour une solution amiable sont restées possibles pendant des semaines, mais l’OTAN a choisi de décimer le pays à la place.

L’agenda impérial de l’OTAN en Libye.

Pour comprendre pourquoi l’OTAN a cherché à provoquer un changement de régime en Libye, il est nécessaire de replacer l’attaque dans le contexte de la volonté des États-Unis d’étendre le Commandement Afrique (AFRICOM), une organisation basée en Allemagne et chargée des relations militaires des États-Unis avec 53 États africains.

Washington voulait ainsi exercer un contrôle sur les précieuses ressources de l’Afrique, surtout dans le contexte de l’influence croissante de la Chine sur le continent, comme le démontre Maximilian Forte de l’Université Concordia dans son livre « Slouching Toward Sirte« .

En 2008, le vice-amiral américain Robert Moeller a déclaré que l’un des objectifs de l’AFRICOM était d’assurer « la libre circulation des ressources de l’Afrique vers le marché mondial », et en 2010, il a déclaré que l’un des objectifs de l’AFRICOM était de « promouvoir les intérêts américains ».

Bien que l’organisation affirme que son commandement est « indirect », le commandant de l’AFRICOM, le général Ham, a déclaré que cela « ne signifie pas que nous attendons simplement que d’autres demandent notre soutien. J’attends de notre commandement qu’il recherche et propose activement des approches novatrices et imaginatives grâce auxquelles nous pourrions appliquer la capacité militaire considérable des États-Unis à son meilleur avantage ».

M. Forte a toutefois cité des câbles de l’ambassade des États-Unis à Tripoli montrant la frustration des Américains à l’égard des gouvernements africains, « notamment la Libye », qui ont empêché les États-Unis d’établir une base pour les opérations de l’AFRICOM en Afrique.

Après le renversement du gouvernement libyen, et avant que son peuple ne puisse organiser une élection, l’AFRICOM a annoncé qu’une nouvelle relation militaire avait été établie avec le nouveau gouvernement libyen, nommé par le Conseil national de transition (CNT), le principal organe de l’opposition libyenne soutenue par l’Occident.

Les États-Unis ont rapidement créé un bureau de coopération en matière de sécurité à l’ambassade des États-Unis à Tripoli pour « aider à coordonner l’assistance en matière de sécurité, l’éducation et la formation militaires internationales et d’autres formes de coopération en matière de sécurité ».

Le fait que les puissances occidentales étaient également intéressées par le pillage de la Libye dans l’immédiat est documenté dans « Global NATO and the Catastrophic Failure in Libya« , par Horace Campbell, professeur d’études afro-américaines et de sciences politiques à l’université de Syracuse.

L’examen des câbles Wikileaks par Campbell révèle qu’entre 2007 et 2008, les compagnies pétrolières occidentales, telles que la société américaine Occidental Petroleum, ont été « contraintes de signer de nouveaux accords avec la National Oil Company (libyenne), à des conditions nettement moins favorables que celles dont elles bénéficiaient auparavant ».

Un câble diplomatique américain de janvier 2010 publié par Wikileaks montre que les compagnies pétrolières et le gouvernement américain ont été effrayés par la « rhétorique du gouvernement Kadhafi au début de 2009 impliquant la possible nationalisation du secteur pétrolier. »

Vers la fin de l’intervention de l’OTAN, le secrétaire britannique à la défense a fait remarquer que les hommes d’affaires devraient « faire leurs valises » pour la Libye, et l’ambassadeur des États-Unis à Tripoli a affirmé que la Libye avait « besoin » d’entreprises américaines à « grande échelle ».

Les puissances occidentales impliquées savaient qu’elles prenaient des mesures qui donneraient du pouvoir à des groupes dont les objectifs étaient anti-noirs et loin d’être démocratiques, et elles l’ont fait avec l’objectif le plus cynique en tête : dominer et piller l’Afrique.

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