Politique et Géopolitique

Si vous bloquez l’adhésion des Balkans, les migrants afflueront préviens l’UE

L’Union européenne s’est vu signifier qu’elle devait rassurer les pays des Balkans occidentaux sur le fait que leurs demandes d’adhésion étaient en bonne voie, sous peine de provoquer une crise migratoire.

Oliver Varhelyi, commissaire européen chargé de l’élargissement, de nationalité hongroise, a mis en évidence les craintes croissantes de nombreux pays d’Europe centrale et orientale quant aux conséquences d’un retard continu des demandes d’adhésion des Balkans.

Il a mis en garde contre les « graves conséquences du manque de pouvoir et de cohérence de nos décisions géopolitiques », compte tenu de la prise de contrôle de l’Afghanistan par les Talibans et de la crise des réfugiés qui se profile. Les pays des Balkans occidentaux – l’Albanie, la Serbie, le Kosovo, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du Nord – sont en première ligne des efforts de l’UE pour sécuriser ses frontières et leur coopération est vitale, mais les perspectives d’adhésion s’éloignent.

États des Balkans qui ne sont pas membres de l’UE actuellement

« Imaginons ce qui se passerait si le processus d’adhésion de nos partenaires des Balkans occidentaux prenait encore plus de temps et que – pour certaines raisons géopolitiques – nous ne parvenions finalement pas à tenir nos promesses », a déclaré M. Varhelyi au journal Magyar Nemzet.

« Nous devons tenir nos promesses envers les Balkans occidentaux. Pour moi, c’est l’une des leçons les plus importantes de la situation afghane. Géopolitiquement, les Balkans occidentaux sont beaucoup plus proches de nous que l’Afghanistan. Cela signifie que la priorité de l’Europe doit être d’intégrer cette région. »

Des pays comme l’Albanie, la Bosnie et la Serbie ont joué un rôle clé en aidant l’UE à fermer la route terrestre des Balkans après la crise migratoire de 2015, en échange de financements et de promesses d’accélération de leurs demandes d’adhésion à l’UE. Depuis lors, le processus est au point mort en raison des préoccupations des pays d’Europe occidentale, comme les Pays-Bas et la France, concernant la corruption et le crime organisé dans les Balkans.

Les diplomates européens craignent de plus en plus que les retards dans l’adhésion ne creusent un fossé entre l’UE et les Balkans occidentaux, ce qui signifie que les pays ne coopéreraient plus en cas de crise des réfugiés afghans dans les mois à venir. Ils craignent également que la région ne se tourne vers la Russie ou la Chine. En mai, un document diplomatique interne de l’UE notait que « les habitants de la région éprouvent un sentiment de profonde déception à l’égard du processus d’élargissement ».

Ce document comparait le sort des pays des Balkans, en particulier l’Albanie et la Macédoine du Nord, qui ont satisfait aux exigences de Bruxelles en matière d’adhésion mais restent bloqués, à celui de Sisyphe, personnage de la mythologie grecque condamné à pousser un rocher en haut d’une colline, encore et encore, pour qu’il y retombe.

« La perception répandue dans les Balkans occidentaux est que la perspective d’adhésion s’éloigne et que les aspirations européennes se perdent dans un ensemble complexe de conditions et de procédures qui maintiennent les Balkans occidentaux enfermés dans un destin sisyphéen », indique le rapport.

Aujourd’hui, Angela Merkel, la chancelière allemande, est en Albanie pour des entretiens avec les dirigeants des Balkans afin de tenter de les convaincre que la porte est toujours ouverte à l’adhésion à l’UE.

Après s’être entretenue hier à Belgrade avec le président serbe Vucic, elle a promis que l’Allemagne continuerait à soutenir la région, mais n’a rien dit de précis sur le calendrier de l’adhésion, soulignant la nécessité de réformes anticorruption et judiciaires. « J’espère que nous allons bientôt retrouver une certaine dynamique dans l’ensemble de ce processus », a-t-elle déclaré.

« Il y a encore un long chemin à parcourir. Nous qui sommes déjà membres de l’Union européenne devons garder à l’esprit qu’il y a un intérêt géostratégique absolu pour nous à inclure ces pays dans l’UE. »

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Source
The Times

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