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L’UE propose une surveillance massive et généralisée des courriels et des messageries instantanées se rapprochant du modèle chinois

Un membre allemand du Parlement européen met en garde contre le projet de l’UE d’adopter de nouvelles règles de surveillance de masse de grande envergure qui, selon lui, compromettraient gravement le droit à la vie privée des citoyens en obligeant les entreprises technologiques à donner accès aux messages cryptés aux autorités.

Et c’est ce que les lois en cours d’élaboration à Bruxelles – qui sont censées remplacer les règles temporaires adoptées en juillet – visent à faire, en ordonnant aux fournisseurs de messagerie et de chat vidéo comme WhatsApp et Skype de mettre en place une technologie qui donnerait accès aux communications privées des personnes et, grâce à un système automatisé, de surveiller les chats en temps réel et de signaler tout contenu suspect.

Dans une déclaration, l’eurodéputé Patrick Breyer a déclaré que la Commission européenne doit comprendre qu’elle ne peut pas se donner le droit de surveiller de manière intrusive les communications numériques de chaque citoyen, et ce sans « soupçon spécifique ». Il estime également que la politique de l’UE sur cette question est illégale et irresponsable.

Comme c’est souvent le cas, la nouvelle réglementation intrusive est vendue au public comme un moyen de lutter contre les abus sexuels sur les enfants, mais les ramifications sont beaucoup plus larges, tandis que l’idée de suspecter tout le monde à l’avance – rendant les citoyens « coupables jusqu’à preuve du contraire » – ne convient pas du tout aux défenseurs de la vie privée comme Breyer.

L’eurodéputée néerlandaise Sophie in ‘t Veld a fait la lumière sur la façon dont les dissidents sur cette question sont traités, révélant qu’on leur fait sentir qu’ils ne sont pas engagés dans la lutte contre la maltraitance des enfants parce qu’ils ont des questions critiques sur les lois proposées.

Un certain nombre d’autres députés européens sont opposés à cette idée et en parlent ouvertement, certains comparant le modèle européen de surveillance massive en ligne à ce qui se passe en Chine.

Sur son site web, M. Breyer explique que ce qu’il appelle le « chatcontrol » permet à l’UE d’avoir accès aux chats, messages et courriels que les fournisseurs d’accès scannent de manière « générale et indiscriminée. » Il a également déclaré qu’en s’appuyant sur le texte de juillet, l’UE prévoyait de mettre en place des règles élargies dès cet automne, mais que la date a dû être repoussée en raison de la réticence des citoyens et des parties prenantes.

La proposition de la Commission sur les contrôles obligatoires de la messagerie et du chat pour les fournisseurs de services en ligne devrait avoir lieu entre décembre 2021 et la fin du premier trimestre 2022.

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Source
Patrick Breyer

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